À quoi servent
ces estimations ?
Pour une partie des espèces sauvages, les signalements de Faune France, et des autres plateformes de sciences participatives, sont la seule fenêtre disponible sur la mortalité routière à l'échelle nationale. Sans ces données citoyennes imparfaites, nous n'aurions aucune information sur les collisions pour les espèces les moins fréquentes et pour une grande partie du réseau routier.
Mais estimer précisément combien d'animaux meurent sur les routes reste l'un des défis les plus difficiles de l'écologie quantitative, et nous le faisons ici à partir de la source de données la moins standardisée qui soit. Les corrections présentées ici compensent les biais mesurables, mais certains mécanismes nous échappent encore : l'influence de la vitesse du véhicule sur la détection d'une carcasse, les habitudes de signalement propres à chaque participant, ou encore les cas où l'animal ne finit tout simplement pas sur la chaussée... Ces incertitudes s'accumulent à chaque étape et produisent des fourchettes d'estimation parfois très larges.
Des ordres de grandeur pour faire avancer la connaissance.
Ces estimations rendent visible une mortalité qui ne l'était pas : celle des espèces discrètes, difficiles à repérer sur la chaussée, et donc souvent éclipsées dans les statistiques sur les collisions avec la grande faune comme les chevreuils ou les sangliers. Elles permettent aussi d'identifier des espèces pour lesquelles la mortalité est alarmante, et pour lesquelles des campagnes de comptage ainsi que des mesures de protection sont nécessaires.